évaluer le parasitisme des vaches laitières

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une nouvelle technique fiable permet d'évaluer le parasitisme intestinal des vaches laitières et en fonction des pertes attendues liées à ces vers, l'opportunité de traiter.

 

  • pârurage = période à risque

  • strongles

  • oeuf de strongle

  • pârurage = période à risque

  • strongles

il suffit d'apporter 30 ml de lait au cabinet (idéal en septembre octobre novembre) en respectant la "chaine du froid". La réponse est en "densité optique" qui est un indice fiable de la quantité de vers intestinaux . Cela permet d'estimer l'impact du parasitisme et de faire une prescription raisonnée du traitement antiparasitaire.


 

Le coût promotionnel est de 4 E HT

Au pré, les bovins sont exposés à de nombreux parasites internes susceptibles de provoquer des lésions des organes et des troubles fonctionnels. Deux strongles sont particulièrement fréquents et pathogènes: Ostertagia localisé dans la caillette et Dictyocaulus responsable de la bronchite vermineuse. Trois parasites appartenant à la famille des trématodes : les grande et petite douves du foie, ainsi que le paramphistome, ont également un impact non négligeable sur la santé et les productions des animaux. À des fins de diagnostic ou pour contrôler la pertinence des traitements et des mesures de lutte antiparasitaire, le vétérinaire peut proposer des analyses ciblées, souvent réalisables à la clinique.

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La coproscopie

 

L’examen microscopique des bouses ou coproscopie, permet de rechercher la présence d’œufs de strongles ou de trématodes et de larves de dictyocaules. C’est l’examen de choix pour confirmer une suspicion de bronchite vermineuse (toux d’été due aux dictyocaules). Néanmoins, en cas de maladie due aux larves ou en début d’infestation, les œufs sont absents. Certains parasites comme la douve pondent peu et de façon intermittente. Dans les deux cas, la coproscopie est donc beaucoup moins intéressante. En revanche, les paramphistomes excrètent beaucoup d’œufs dont le nombre est directement corrélé au nombre d’adultes présents dans le rumen… mais pas à l’intensité des symptômes.

 

Le dosage du pepsinogène dans le sang

 

Précurseur de la pepsine, le pepsinogène est secrété par la caillette. En 1ère, parfois 2ème, saison de pâturage, le parasitisme représente la principale cause de lésions de la caillette, autorisant, proportionnellement à l’intensité des lésions, le passage d’une partie du  pepsinogène dans le sang, où il peut être dosé. En estimant le niveau d’infestation par Ostertagia, ce dosage est intéressant pour évaluer a posteriori le choix des traitements de saison de pâturage et décider du traitement de rentrée à l’étable d’un lot de jeunes bovins - voire y surseoir pour favoriser le développement de l’immunité.

La densité optique ou « D.O. Ostertagia »

 

Une méthode de dosage ELISA par densité optique des anticorps anti-Ostertagia dans le lait de mélange peut être utilisée pour estimer le niveau de réponse à l'infestation parasitaire. Sauf s’il est très faible, son résultat doit être interprété en tenant compte de la situation particulière de chaque élevage.

 

La sérologie douve

 

La recherche d’anticorps spécifiques sur le sang d’animaux ayant séjourné en zone humide reste le moyen diagnostique le plus fiable pour détecter une infestation par la douve, encore très sous estimée en France. Une analyse sur lait de tank peut aussi être demandée en fin d’automne mais son résultat est positif seulement si plus de 40% des animaux en lactation sont atteints.

 

Pour différentes raisons, les traitements antiparasitaires systématiques « à l’aveugle » sont révolus : les marges de manœuvres économiques déjà réduites s’accommodent mal de dépenses non justifiées ; les traitements excessifs contre les strongles ne permettent pas aux animaux d’acquérir une immunité protectrice contre ces parasites ; l’utilisation irraisonnée des anthelminthiques conduit au développement de résistances déjà observées à l’étranger ou chez les petits ruminants ; les médicaments antiparasitaire peuvent laisser des résidus dans la viande ou le lait… Enfin, certains ont une action délétère sur les invertébrés utiles de l’écosystème prairial.

Vous l’aurez compris, la gestion globale du parasitisme en élevage est complexe : parlez-en au vétérinaire lors du prochain bilan sanitaire !

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Après celles des phytosanitaires et des antibiotiques, la diminution de l’utilisation des médicaments antiparasitaires s’inscrit logiquement dans le contexte global de réduction des intrants chimiques en agriculture et élevage, alimenté par une demande sociétale vers des pratiques plus respectueuses de la santé et de l’environnement.

 

 Cibler plus, pour traiter mieux… et moins

Conscients des conséquences du parasitisme interne sur la productivité, la santé voire le bien-être de vos animaux et disposant maintenant de médicaments efficaces, la plupart d’entre vous ont intégré la vermifugation comme un acte courant dans la conduite de leur troupeau. S’il est reproduit presqu’à l’identique d’une année sur l’autre, votre plan de traitement peut cependant vite s’avérer inadapté ! En pratique, on constate une tendance à surtraiter contre les strongles, à surestimer le nombre de parasites traités par les endectocides ou à les utiliser au mauvais moment mais aussi à sous-estimer le risque lié aux trématodes (douves et paramphistomes) et à la coccidiose, dont les manifestations sont souvent plus difficile à détecter.

 

Le recours à des examens de laboratoire permet l’identification des parasites présents dans l’élevage, et aident votre vétérinaire à adapter la bonne prescription. La gestion des pâtures, la main d’œuvre, le temps et la contention dont vous disposez doivent également être intégrés à la réflexion. Des mesures agronomiques telles que la mise en défends des points d’abreuvement naturels pour éviter la contamination par la douve ou une conduite d’élevage appropriée (dates de mise à l’herbe et de rentrée à l’étable, rotations de pâturage, fauchage, complémentation) pour limiter le risque strongles, permettent de réduire ou d’éviter

Favoriser le développement de l’immunité… quand elle est utile

 

L’objectif de la lutte contre les strongles digestifs est de permettre, au cours des deux premières années de pâture, le développement d’une immunité par un contact régulier avec un faible nombre de parasites, tout en évitant les symptômes qui seraient provoqués par une infestation plus massive et en limitant les pertes de croissance. Trop vermifuger peut gêner l’acquisition de cette immunité. En revanche, l’immunité contre la douve ne protège pas l’animal des réinfestations successives et des symptômes les plus graves. Chercher à l’obtenir n’a donc pas d’intérêt !

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Faire des économies

 

Les marges en élevage étant de plus en plus faibles, les traitements non justifiés sur le plan médical ou du rapport gain de croissance/coût de l’antiparasitaire sont à proscrire ! Il sera beaucoup plus efficace et économique de réorienter les moyens financiers consacrés à la prévention antiparasitaire sur des analyses et un conseil annuel efficace.

  

Eviter la multiplication des résistances !

 

Les résistances des strongles des ruminants aux anthelminthiques représentent un problème considérable en Afrique, Amérique du Sud, Australie et Nouvelle-Zélande. En France, elles sont fréquentes chez les ovins et les caprins, mais heureusement encore non décrites chez les bovins. La réduction a minima de la fréquence d’usage des antiparasitaires encore efficaces, le respect de la posologie pour éviter le sous-dosage et la sélection des animaux à traiter devraient permettre de prolonger l’efficacité des vermifuges disponibles, surtout dans un domaine où les découvertes de nouveaux médicaments restent rares.

Ne pas risquer de laisser des traces de médicaments dans l’alimentation humaine

 

Tout résidu de médicament peut s’avérer dangereux pour le consommateur de denrées alimentaires d’origine animale. Evidemment, moins on en utilise  en d’élevage, moins on risque d’en retrouver dans la viande et le lait ! Suite à une étude de résidus d’oxyclozanide dans le lait des vaches traitées avec ce produit douvicide, le temps d’attente lait, auparavant nul, a été porté à 9 traites. Le temps d’attente viande pour la moxidectine longue action dépasse 100 jours, celle des bolus AP est de 4 à 6 mois !

 

Tenir compte de l’environnement

 

Enfin, certaines molécules à actions longue conservent tout ou partie de leurs propriétés insecticides une fois évacuées dans les bouses et peuvent représenter un danger pour la faune des écosystèmes de prairie, notamment les coléoptères coprophages (communément appelés « bousiers »). Or, ceux-ci sont indispensables à la bonne dégradation des bouses et, au final, à une bonne qualité des prairies.

 

Les justifications pour une gestion plus raisonnée du parasitisme sont nombreuses et vont toutes dans le même sens !