Boiteries Bovines 3eme partie

Le PARAGE CURATIF a pour objectifs :

1/ d’éviter la pénétration des corps étrangers dans la lésion,

2/ de soulager l’onglon lésé en le mettant au repos

ne pas endommager les tissus sains. Le travail se fait donc avec précision et avec du matériel parfaitement affûté.

Il faut savoir préserver la corne saine et éviter de léser le pododerme donc arrêter de tailler dès qu’il y a trace de sang.

Il faut respecter au maximum les surfaces d’appui aménagées par le parage fonctionnel : rechercher le meilleur compromis entre la bonne gestion de la lésion et la nécessité pour l’animal de pouvoir se déplacer, au mieux.

Après une intervention sur un animal boiteux, l’animal doit se trouver soulagé, mieux se tenir et se déplacer !

- d'abord les 6 étapes du parage fonctionnel  puis :

- Enlever toute la corne décollée et amincir les rebords de corne autour de la lésion de façon très évasée en laissant une possibilité de dégagement pour que les corps étrangers ne s’incrustent pas (ne pas créer d’entonnoir).

- Diminuer ou supprimer l’appui de l’onglon malade :l’onglon sain est maintenu plus haut et l’onglon lésé abaissé davantage, en arrière de la sole et en talon, si possible. Attention à ne pas amincir trop en pince,     Si la suppression de l’appui est insuffisante, et en présence de lésions ouvertes graves sur le pododerme, il faut poser une talonnette sur l’onglon sain.

- En fonction de la profondeur des lésions et des conditions environnementales, un pansement doit souvent être posé 

Mise à part le Panaris, les antibiotiques sont rarement nécessaires...

Le PEDILUVE : 

- Un pédiluve efficace doit faire plus de  2,5 mètres de long par 80 cm de large,

- Les pieds doivent être propres au préalable et ne pas se salir trop vite après, (bac de lavage ou lavage en salle de traite)

- Mieux vaut utiliser de l’eau chaude ou tiède pour une meilleure dissolution du produit,

- Les pieds doivent être immergés dans une dizaine de cm de profondeur sur toute la longueur du pédiluve (pas de pente!)

- Changer la solution du pédiluve maximum toutes les 48 heures ou après 500 vaches,

- Les solutions de sulfate de cuivre (5 à 10 %) et de sulfate de zinc (10 %) sont les plus utilisées mais attention aux rejets dans l'environnement, il existe d'autres solutions plus efficaces et moins polluantes : demandez nous.

Beaucoup d'innovations en pulvérisation des pieds ont été faites ces derniers mois, nottament en Robot de traite...

 

Le passage de 3 jours tous les 15 jours à 3 semaines est souvent un compromis acceptable, notamment dans la maîtrise de la maladie de mortellaro. 

piedk.jpg
piedn.jpg

FACTEURS DE RISQUE LIÉS AU BÂTIMENT : 

Les facteurs de risque liés à l’habitat sont : la diminution du temps de couchage des animaux, les traumatismes lors des déplacements, l’humidité et les défauts d’hygiène des aires de vie

 

au niveau des aires de couchage :

  • Places insuffisantes (nombre de logettes, superficie de l’aire paillée) : temps debout augmenté ; accroissement de l’agressivité…

  • Dimensions des logettes inadaptées : mouvements de lever et coucher «entravés » ; pieds et/ou arrière train dans le couloir ; bouses dans la logette…

  • Mauvais réglage de la barre au garrot : barre au garrot trop basse : risque de blessures ; mouvement de lever entravé ; trop en arrière dans la logette ; évitement de la logette d’où temps debout plus long.

  • Mauvais réglage de l’arrêtoir : couchage trop en avant ou trop en arrière ; blessures éventuelles lors de mouvement de lever.

  • Pentes trop importantes : inconfort ; poids sur les postérieurs trop important…

  • Pentes trop faibles : mauvais écoulement des liquides (ex : lait, urine)

  • Marches trop hautes : risque de traumatismes au niveau des pieds.

  • Matériaux de litières insuffisants ou inadaptés (ex : échauffement des jarrets, débuts de tarsites…) : à inconfort pouvant augmenter le temps debout ; risques sanitaires.

Au repos, hors des temps d'alimentation, plus de 3/4 des vaches doivent être couchées dans les logettes...

Une station debout prolongée dans la logette n'est pas normale!

Concernant les aires d’exercice :

  • Des sols glissants ;

  • Des sols rugueux, abrasifs ;

  • La présence de trous, d’obstacles, de culs de sacs, d’éléments traumatisants (risques de blessures) ;

  • Une mauvaise efficacité de l’entretien des sols: sols sales et/ou humides favorisant le développement de pathogènes, et l’apparition de maladies telles que le fourchet ou Mortellaro.

La salle de traite aussi comporte des facteurs de risque : sous dimentionnée = temps de traite trop long - station debout prolongée...

piedl.jpg

FACTEURS DE RISQUE LIÉS À L’ALIMENTATION :

La qualité de la corne produite dépend beaucoup de facteurs métaboliques et alimentaires. La fourbure liée souvent à une acidose peut engendrer une corne de mauvaise qualité, tout comme une mauvaise minéralisation en macroéléments (calcium, phosphore, magnésium, etc.) ou microéléments et vitamines (cuivre, zinc, biotine par exemple) qu’il faut donc apporter en quantité suffisante.

Un amaigrissement rapide est favorable aussi à de sérieux problèmes podaux : fonte du coussinet graisseux sous la 3 ème phalange, baisse immunité ...

la place à table et pour les points d'abreuvement est aussi très importante, si elle est insuffisante, cela provoque des bagarres et une station debout prolongée.

Des abreuvoirs mal réglés peut entraîner des fuites : humidité constante

Si possible mettre les abreuvoirs et brosses dans les zones raclées pour éviter une station prolongée dans les zones les plus sales!

Facteurs de risque liés à la conduite sanitaire :

prise en charge précoce et adaptée des boiteries, maîtrise de l’hygiène des sols, pratique du parage fonctionnel préventif 

Afin de savoir si des facteurs de risque sont présents et s’ils ont réellement un impact sur les animaux, il convient de faire appel à un spécialiste avec lequel un bilan complet sera fait.

Facteurs de risque liés à l'animal : un déterminisme génétique à la sensibilité aux affections du pied a été mis en évidence . Les héritabilités estimées permettent d’envisager une sélection sur ces caractères (situées.entre 1 et 13%).

Une amélioration de la santé des pieds des bovins par la voie génétique est probablement envisageable à moyen ou long terme.

Les boiteries des bovins sont donc multifactorielles, et nous n'avons pas abordé les pathologies articulaires ou musculaires que le vétérinaire connaît bien.

Un regard extérieur d'une personne maîtrisant les différentes pathologies des bovins, l'alimentation, la conduite d'élevage et le bâtiment dans toute sa complexité est indispensable, seul le vétérinaire dispose de ces compétences.

Il serait dommage aussi de "passer à coté" de pathologies graves à dramatiques comme la Fièvre Aptheuse, la FCO, ... qui font aussi  boiter.

 

 

Bibliographie : http://boiteries-des-bovins.fr  ;   http://boeufquebecspeq.com   ;      http://www.paysan-breton.fr

nous remerçions les Docteurs M. Delacroix et F. Gervais

 


 

Alors n'hésitez pas à nous faire appel, des nouveautés concernant les boiteries bovines vous attendent au niveau de la clinique vétérinaire du Faouët...