Raisonner les traitements des pâtures  

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Le fauchage, le broyage et le hersage privent les larves de leur abri végétal et les exposent aux rayons UV et à la dessiccation qui réduisent leur survie. Ces techniques réduisent donc la contamination des pâtures lors de temps sec et chaud. Elles contribuent cependant à disséminer les larves (localisées dans ou à proximité des crottins) sur toute la pâture. Les pâtures doivent donc être mises au repos quelques semaines avant de remettre les chevaux. De plus, ces traitements sont contre-indiqués par temps humide car l'effet de dissémination des larves ne sera pas accompagné de leur destruction.

Eviter le changement de pâture après chaque traitement

Il a été souvent conseillé de mettre les chevaux sur une pâture peu contaminée après traitement. Cette règle est en effet intéressante lorsqu'il n' y a pas de résistance dans l'exploitation : le parasitisme se développe alors à bas bruit. Lors de résistance, ce changement de pâture doit être évité. Les jours suivant la vermifugation, les chevaux excrètent uniquement des œufs et des parasites résistants. La nouvelle pâture risque d'être colonisée, quasi-exclusivement, par des vers résistants. Au contraire, si les chevaux restent sur la même pâture, les parasites résistants sont dilués au sein d'une population de vers sensibles déjà présente. 

Du fait de l'importance croissante des résistances, il est préférable : 

  • de rentrer les chevaux au boxe, après vermifugation, pendant 3 jours pour limiter la contamination des pâtures ;

  • ou laisser les chevaux sur la même pâture.

Eviter le sur-pâturage

Si la quantité d’herbe disponible est suffisante, les chevaux distinguent des zones de défécation (où ils ne s’alimentent pas) et des zones de pacage (où ils s’alimentent). Les zones de défécation renferment 15 fois plus de larves que les aires de pacage. Au contraire, lors de sur-pâturage, les chevaux s’alimentent à proximité des zones de défécation et s'infestent donc plus abondamment. 

Les petits paddocks de détente sont particulièrement sujets au sur-pâturage et à une contamination importante. Le ramassage des crottins y semble donc particulièrement intéressant. 

 

Favoriser la mise au repos des pâtures

Quelques semaines de temps chaud et sec suffisent à la destruction des larves de strongles. Au contraire, elles survivent à plusieurs mois d’hiver. Dans ce cadre, l'alternance entre le pâturage et la fauche ou la culture est particulièrement intéressante

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Ramasser les crottins

Le ramassage régulier des crottins semble être la méthode la plus efficace pour contrôler la réinfestation des chevaux. Pour être efficace, le rythme idéal est de 2 fois par semaine : en effet, dans des conditions climatiques optimales, les œufs de petits strongles se transforment en larves infestantes en 3/4 jours.  

Cette méthode est cependant exigeante en personnel et temps de travail et n'est pas possible dans tout type d'exploitation. Pour les grandes exploitations, des aspirateurs à crottins sont désormais disponibles sur le marché et ont prouvé leur efficacité. Si cette pratique ne peut être réalisée dans l'ensemble des pâtures, son utilisation peut être favorisée surles petites surfaces (petits paddocks de détente, en particulier ceux hébergeant des poulains), souvent fortement contaminées du fait du sur-pâturage important.

Favoriser le pâturage alterné avec des ruminants

Le pâturage alterné avec des ruminants permet de réduire la contamination des pâtures en raison de la spécificité des parasites des ruminants et des équidés. S'ils sont ingérés par des ruminants, la majorité des parasites des équidés ne sont pas capables de terminer leur cycle dans l'organisme des ruminants. Il n'y pas donc pas de ponte d'œufs. Le pâturage alterné permet donc de réduire la contamination des pâtures par les ascaris, les petits strongles et les ténias, principaux parasites pathogènes chez le cheval. Deux parasites sont cependant communs aux équidés et ruminants : la grande douve (Fasciola hepatica) et un strongle (Trichostrongylus axei). Le pâturage alterné favorise donc l'infestation des chevaux par ces 2 parasites mais ils sont peu pathogènes chez le cheval.

Le pâturage mixte simultané semble être moins efficace car les bovins broutent la partie supérieure de l'herbe, rendant accessible la partie profonde, plus contaminée, aux chevaux.

Raisonner l'épandage de fumier

En plus des ses intérêt agricoles, le compostage du fumier (avec le maintien d’une température interne > 40°C pendant 2 semaines) entraîne la destruction des parasites, y compris des œufs d’ascaris, très résistants. Il faut donc veiller à n'épandre sur les parcelles que du fumier composté. L'épandage de fumier non traité favorise au contraire la contamination des pâtures. 

 

Diminuer l'humidité des pâtures 

L’humidité est favorable à la survie des larves et constitue le milieu de vie des hôtes intermédiaires des ténias. Il est donc préférable de : 

  • drainer les pâtures humides,

  • empêcher l’accès aux zones inondées d’une parcelle. 

 

 

Conclusions 

En raison du développement des résistances aux anti-parasitaires, ces mesures externes devraient être mises en œuvre dès maintenant dans les exploitations afin de diminuer l'utilisation des vermifuges. Elles sont notamment utiles pour diminuer la contamination des pâtures hébergeant des poulains et des jeunes chevaux.