Nos animaux de compagnie  vivent de plus en plus proches de nous. Leur espérance de vie, leur  santé ont revêtu une importance primordiale aux yeux de leurs propriétaires. L’absence d’hygiène buccale entraine quasi systématiquement et très rapidement (visible parfois dés l’éruption des dents adultes) le dépôt de tartre sur les dents

 

Pour un chien ou un chat, vivre avec une dentition encombrée par le tartre, avec des dents déchaussées, des gencives enflammées est loin d’être aussi anodin qu’on peut parfois l’entendre : un tel animal  est un candidat de choix à la maladie parodontale (maladie des structures soutenant la dent) pouvant aller de la gingivite simple à l’ostéomyélite avec pus, destruction osseuse et essaimage des germes bactériens vers les organes vitaux (cœur, rein) ou périphériques (articulations, prostate) .De multiples affections : troubles digestifs, endocardites, arthrites, etc  peuvent être la conséquence.

  • Examen dentaire d'un jeune chat

  • Examen dentaire lors d'une visite vaccinale

  • Brossage des dents

  • Examen dentaire d'un jeune chat

  • Examen dentaire lors d'une visite vaccinale

Quels sont les outils à notre disposition pour une bonne hygiène bucco-dentaire ?

 

En matière de santé dentaire, il vaut toujours mieux prévenir que guérir !

Le régime alimentaire de nos carnivores a changé, diminuant les temps de mastication  et leur espérance de vie aussi : leurs dents doivent pouvoir  être utilisées plus longtemps !

 

bonne santé dentaire passe donc tout d’abord par un examen dentaire qui est réalisé en général, systématiquement lors des visites vaccinales.

 

La visite pubertaire ou « visite de fin de croissance » permet entre autres de vérifier si toutes les dents de lait sont bien tombées (il faut les extraire, le cas échéant), s’il existe des anomalies d’implantation entrainant des malocclusions. Il est d’ailleurs possible de prescrire des soins d’orthodontie chez le chien avec des résultats  tout à fait satisfaisants !

Un chiot a 32 dents, un chien adulte 42 dents. Un chaton a 26 dents, un chat adulte 30 dents : à 7 mois dans les deux espèces, toutes les dents adultes sont sorties. On dit que "la bouche est faite".

  

Dés cet âge il est possible d’agir de façon mécanique  en brossant les dents avec un dentifrice adapté (qui ne mousse pas et qui n’a pas un gout de chlorophylle !) si possible plusieurs fois par semaine. Il est essentiel, dés l’adoption, d’habituer l’animal à ces soins, pratiqués de façon douce afin qu’il puisse les tolérer par la suite.

 

L’utilisation de lamelles à mâcher (de qualité vétérinaire), de jouets dentaires, de solutions antiseptiques et même de croquettes spécifiquement conçues est une aide non négligeable pour l’entretien bucco-dentaire (N’hésitez pas à nous demander conseil).

 

Cependant, des détartrages et polissages réguliers (comme chez l’homme)  vont en général devoir être prescrits pour compléter utilement cette action.

 

Comment le tartre se forme et évolue-t-il ?

 

Dés l’éruption de la jeune dent, des bactéries se fixent sur l’émail, secrétant des substances résistantes, capables de les protéger, de les maintenir fixées ensemble et sur  la dent : cela forme le « biofilm » qui peu à peu se minéralise et forme une plaque de tartre visible à l’œil nu.

Ce tartre emprisonne des microbes qui s’infiltrent progressivement sous la gencive, créant une inflammation (gingivite) occasionnant parfois des saignements. Ce stade est réversible après traitement (détartrage, polissage).

Peu à peu l’inflammation de la gencive s’accroit, elle devient oédematiée, pourpre, saigne et s’ulcère et parfois se rétracte. Un espace se crée entre la dent et ses tissus de soutien (parodonte) : des poches parodontales se créent, libérant ainsi l’attache de la dent qui se déchausse. On parle de parodontite. Ce stade n’est plus réversible et nécessite des traitements très réguliers. Il est parfois possible de fixer les dents un peu « mobiles » par une résine dentaire.

Puis les poches parodontales s’accentuent, il y a présence de pus et destruction de l’os de l’alvéole dentaire. La dent devient mobile car la racine n’est plus attachée au fond de l’alvéole. A ce stade seule l’extraction dentaire, le nettoyage , la désinfection soignée, peuvent limiter l’évolution de la maladie parodontale vers des affections plus générales.

En quoi consistent le détartrage-polissage et les soins dentaires ?

 

Les équipements utilisés sont identiques à ceux utilisés pour les soins dentaires chez l’homme.

L’insert vibrant du détartreur appliqué selon la technique appropriée sur la plaque de tartre permet de la fragmenter et ainsi de l’éliminer. Une fois la dent nettoyée du tartre résiduel, le polissage permet de redonner une surface lisse polie à l’émail afin que le tartre ne puisse adhérer aussitôt sur les aspérités.

Cette opération est soigneusement renouvelée pour chaque dent et sur toutes les faces de la dent !

 

Un détartrage digne de ce nom comprend également une inspection soignée des gencives (curetage) , des poches parodontales et une élimination du tartre sous-gingival. Cette étape des soins n’est pas la plus visible, elle est cependant primordiale ! Elle sera complétée ou non par l’application d’un cément contenant des antiseptiques ou des antibiotiques.

 

Afin de réaliser un diagnostic complet de la bouche et d’effectuer la totalité des soins nécessaires (comme chez le dentiste humain), le recours à des radiographies dentaires permettant de visualiser correctement la qualité de l’attache de la dent, la destruction osseuse, la profondeur des poches parodontales est utile.

Dans les cas graves, un acte chirurgical (extraction dentaire, correction de fistules, lambeau gingival) pourra être entrepris.

Des soins spécifiquement dentaires (dévitalisation lors de fracture dentaire, comblement par un « plombage ») peuvent également être réalisés.

Le « détartrage » est, en fait,  loin d’être un acte anodin ! Plus on attend et plus le soin dentaire devient complexe !

  • Le résultat !

  • Détartrage sous anesthésie générale

  • Appareil de détartrage

  • Exemple : avant...

  • ...et après le détartrage

  • Autre exemple...

  • Le résultat !

  • Détartrage sous anesthésie générale

Comment se pratique le détartrage et à quel rythme ?

 

Le détartrage se pratique à 99, 99%  sous anesthésie générale. Il est en effet impossible d’obtenir d’un animal qu’il garde calmement la bouche ouverte pendant tout le temps des soins !

Heureusement, l’anesthésie a progressé en même temps que la dentisterie. Un bilan biologique préalable est conseillé afin de vérifier le bon état  de l’organisme et de prendre toutes les précautions nécessaires, de même qu’un traitement antibiotique préalable et post opératoire est parfois prescrit.

L’animal est gardé sous surveillance jusqu’au réveil complet et des soins réguliers sont préconisés afin que l’efficacité du détartrage-polissage soit entretenue le plus longtemps possible.

En règle générale, les premiers détartrages sont pratiqués vers l’âge de 5 à 6 ans puis au rythme d’un traitement par an ou tous les deux ans (à moins de pouvoir brosser, désinfecter les dents de votre animal trois fois par jour !).

En réalité, ce rythme est personnalisable en fonction des besoins de votre animal et seul un examen régulier de sa bouche permettra de définir le rythme et le type de soin le plus adapté.

Les soins dentaires ont beaucoup évolué et permettent d’apporter de nouveaux diagnostics et de nouveaux traitements.

Plus on intervient tôt, plus l’attention est portée à l’hygiène buccale de l’animal et plus les soins dentaires seront rapides et efficaces, pour un meilleur confort de vie.

Qu’est-ce que la dentisterie canine ?

La dentisterie constitue est une discipline vétérinaire à part entière. On trouve aujourd’hui des vétérinaires spécialistes en dentisterie diplômés dans ce domaine. Comme chez l’Homme, elle comprend deux parties : la dentisterie au sens strict et l’orthodontie, qui vise à corriger des défauts de conformation.

 

Quels sont les soins dentaires les plus fréquents ?


Le soin dentaire le plus couramment effectué chez le chien est sans doute le détartrage qui est recommandé pour prévenir l’installation de la maladie parodontale.

Mais de plus en plus d’interventions sont réalisées en orthodontie canine, une discipline qui se développe même si elle reste encore assez peu répandue en médecine vétérinaire canine.

Le vétérinaire peut recourir à différentes techniques de correction qui permettent notamment de corriger la malocclusion engendré par une anomalie de position dentaire.

Les malocclusions sont en effet fréquentes dans certaines races, notamment les petites races de chien, prédisposées de par la taille réduite de leurs mâchoires alors que la taille des dents elles-mêmes reste sensiblement identique quel que soit le format.

Ces malocclusions peuvent résulter d’une différence de longueur ou de largeur des maxillaires et/ou d’un mauvais positionnement d’une dent.

Les malocclusions squelettiques sont vraisemblablement héréditaires et c’est pourquoi les anomalies de positionnement ou de formule dentaire sont examinées sérieusement dans certaines races.

 

Comment traiter les malocclusions dentaires ?

Le traitement n’est instauré que si la malocclusion induit une gêne ou est néfaste à la bonne santé bucco-dentaire.

Différentes techniques d’orthodontie sont possibles. Le vétérinaire peut également préconiser l’extraction de la dent mal positionnée quand seule une dent est concernée.

En dentisterie canine, le but des traitements concerne avant tout le bien être et le confort pour l’animal. A la différence de l’Homme, la dimension esthétique est secondaire.

 

Quels sont les autres types d’intervention ?

Elles dépendent de l’anomalie dentaire mais peuvent consister en l’installation de gouttières en résine, pose de mini vis orthodontiques (micro-implants fixés directement dans le maxillaire), réalisation d’un traitement canalaire, de traitements restaurateurs et prothétiques (pose d’une prothèse dentaire sous forme de couronne métallique ou en céramique), chirurgie des mâchoires (stabilisation lors de fracture…), etc.

La dentisterie peut également être une partie du traitement de certaines tumeurs buccales. Dans le domaine de la dentisterie, les progrès sont constants, tant au niveau des techniques que du matériel disponible

Détartrage et soins dentaires du chien et du chat

cn dent.jpeg
cn1.JPG